Interstate s'est nourri d'allers-retours entre deux pratiques et deux personnes (le réaliateur Gabriel Franck et moi-même), et son titre peut être pris comme l'emblème de cette collaboration, de ce mouvement de tressage, d'intrications, dont la complexité d'élaboration permet d'aboutir à un petit noyau, un pivot autour duquel peuvent se mettre en perspective deux sphères a priori hétérogènes, du moins relativement éloignées, par la matérialisation d'une oeuvre commune.
Cette collaboration a vu le jour en 1999, par la réalisation d'un film dont la musique était créée au fur et à mesure du montage, lequel était lui-même modifié ou exécuté selon la progression de la composition sonore. Ce film, Capsule Hôtel , a été montré par deux fois dans une des petites fenêtres encore ouvertes de la télévision publique française. Il a également fait partie de la Vidéothèque Éphémère du festival Vidéoformes de Clermont-Ferrand.
Dans sa composition, Interstate rend tout à fait hommage au lux aeterna de György Ligeti. La musique progresse dans cette succession de différentes couches sonores, parfois sirupeuses ou aériennes. Elle représente dans une réalité, l'instantané, celle d'une autoroute et de son traffic capturées à un temps T.
Interstate étire cet instant à 15 minutes, pour en libérer ses substances sonores et parfois organiques...